Douze plus bas contre sept plus hauts, l'indicateur discret du marché
Plus de plus bas annuels que de plus hauts sur un indice proche de son record. Ce que cet indicateur dit de la largeur du marché et comment le lire.

L'essentiel en bref
- Le 1er septembre, douze entreprises du S&P 500 ont inscrit un nouveau plus bas sur 52 semaines et sept seulement un nouveau plus haut.
- L'indice lui-même se dirige cette année vers sa quatrième année de gain d'affilée.
- Parmi les plus bas figuraient surtout des valeurs de la consommation, du voyage et des loisirs, parmi les plus hauts des valeurs de la santé et de l'énergie.
Douze contre sept
Le 1er septembre, douze entreprises du S&P 500 ont inscrit un nouveau plus bas sur 52 semaines et sept seulement un nouveau plus haut. L'indice lui-même se dirige cette année vers sa quatrième année de gain d'affilée.
Cette mise en regard est l'un des plus anciens indicateurs de l'observation des marchés et n'est presque jamais expliquée. Elle figure dans chaque récapitulatif de séance, coûte deux chiffres et n'est pourtant presque jamais placée à côté du niveau d'indice qu'elle replace.
Les deux données du même jour semblent pourtant se contredire. L'indice approche de sa quatrième année de gain d'affilée, et en même temps plus d'entreprises inscrivent un plus bas sur douze mois qu'un plus haut sur douze mois. Les deux sont vrais, et la contradiction ne se dissout que si l'on sait ce que chacun des deux chiffres mesure.
Ce que mesure l'indicateur
Le message est simple. Si un indice monte alors que plus de titres inscrivent des plus bas que des plus hauts, la hausse tient à quelques grandes valeurs.
Le comptage lui-même ne connaît aucune pondération. Chaque entreprise compte une fois, quelle que soit sa taille. C'est exactement ce qui en fait le contre-test d'un niveau d'indice établi selon de tout autres règles.
On comprend ainsi pourquoi les deux ne se contredisent pas. Un indice proche de son record et plus de plus bas que de plus hauts ne sont pas une erreur de calcul, mais deux mesures avec des étalons différents. L'une compte du poids, l'autre compte des titres.
Comment la replacer correctement
L'important est de bien la replacer. Une largeur étroite n'est pas un instrument de prévision. De telles phases peuvent durer longtemps.
Qui lit l'indicateur comme un signal de vente l'utilise mal. Il ne dit rien sur la hausse ou la baisse d'un indice demain. Il dit seulement combien d'entreprises ont participé au mouvement passé, et c'est une information sur le passé.
Ce qu'il modifie, c'est la sensibilité. Plus un indice dépend de quelques titres, plus les nouvelles concernant ces entreprises pèsent lourd. Une information qui passerait presque inaperçue dans un marché largement porté déplace l'indice entier dans une phase étroite. Ce n'est pas une prévision sur la direction, mais une indication sur l'amplitude possible.
Le 1er septembre, on trouvait parmi les plus bas surtout des valeurs de la consommation, du voyage et des loisirs, parmi les plus hauts des valeurs de la santé et de l'énergie. Cela décrit moins une faiblesse qu'une rotation.
Cette différence est décisive. Si tous les domaines baissent en même temps, le capital se retire du marché. Si certains baissent tandis que d'autres inscrivent de nouveaux plus hauts, il change simplement de branche.
La répartition de ce jour-là est d'ailleurs ordonnée et non fortuite. D'un côté se trouvent des domaines où les ménages décident librement, de l'autre la santé et l'énergie. Le décompte de douze contre sept décrit donc moins l'état du marché que la direction dans laquelle il se déplace en ce moment.
Appréciation
Cet indicateur coûte une demi-phrase dans un compte rendu et évite la mauvaise lecture la plus fréquente des nouvelles sur les indices.
Un niveau record est habituellement lu comme un message sur l'économie. En réalité, c'est un message pondéré par la capitalisation sur les attentes placées dans un groupe donné d'entreprises.
Qui veut savoir à quel point une hausse est saine ne devrait donc pas regarder le niveau de l'indice, mais le nombre de titres qui le portent. Ce chiffre est publié chaque jour et n'est presque jamais cité.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un plus haut sur 52 semaines
Le cours le plus élevé qu'un titre a atteint au cours des douze derniers mois. Si l'on compte chaque jour combien de titres d'un indice inscrivent de nouveaux plus hauts et combien de nouveaux plus bas, on obtient une mesure de la largeur du marché, donc du nombre d'entreprises qui portent réellement un mouvement d'indice. Le 1er septembre, douze plus bas faisaient face à sept plus hauts.
Comment un indice peut-il être proche de son record si plus de titres inscrivent des plus bas
Parce que les grands indices sont pondérés par la capitalisation. Une très grande entreprise déplace l'indice plus fortement que beaucoup de petites réunies. Dans les phases de largeur étroite, un niveau d'indice décrit donc davantage la situation de quelques poids lourds que celle de l'ensemble du marché.
Une largeur de marché étroite est-elle un signal d'alerte
Une largeur étroite n'est pas un instrument de prévision, et de telles phases peuvent durer longtemps. Ce qu'elle modifie, c'est la sensibilité. Plus un indice dépend de quelques titres, plus les nouvelles concernant ces entreprises pèsent lourd.
Ce texte n'est pas une recommandation d'investissement. Il reprend des chiffres vérifiables et les met en perspective.
Cette analyse est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.
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